Des arbres en agriculture, l’agroforesterie au cœur des enjeux contemporains

Découvrez deux des conférences organisées par la Société Botanique de France et l’Association Française d’Agroforesterie le 20 et 21 mars 2015 à Paris.

Conférence de Dominique Mansion

Naturaliste, illustrateur, spécialiste des trognes de référence en Europe

Conférence de Geneviève Michon

Ethnobotaniste et directrice de recherche à l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD), Geneviève Michon axe ses études sur les relations sociétés-forêts. Au cours de ses séjours à l’étranger, elle s’est plus par-ticulièrement intéressée à la façon dont les agriculteurs du monde conçoivent et matérialisent leur rapport aux arbres et aux forêts, aux conflits qui opposent agriculteurs et administrateurs des forêts. Elle s’est aussi intéres-sée aux savoirs locaux et à la patrimonialisation de la nature, aux dynamiques sociales et environnementales dans la construction des sociétés et des espaces forestiers …
Elle a publié divers ouvrages dont chez Actes Sud Nature :
« Agriculteurs à l’ombre des forêts du monde ».
« Nous habitons aujourd’hui entre deux rives. Celle de la nature transformée par la technique, qui a éradiqué les forêts sauvages pour produire toujours plus et plus vite. En face, comme une image inversée, la rive de la nature « naturelle », que nous nous évertuons à protéger avec un effort proportionnel à celui que nous déployons pour la transformer. Contrairement à ce que l’on croit, ces deux rives ne s’opposent pas, mais relèvent du même mo-de de pensée. Notre propension à conserver n’est que le négatif de notre avidité à produire et à consommer. Les agriculteurs du monde nous montrent qu’il existe d’autres façons d’envisager le rapport entre production et conservation. Les combinaisons multiples entre leurs arbres, leurs champs et leurs forêts constituent un vérita-ble patrimoine agroforestier, qui révèle d’autres formes de relation entre forêt et agriculture. De l’agroforêt in-donésienne à l’arganeraie marocaine ou à la châtaigneraie corse, apparaît en filigrane un modèle général, qu’on peut qualifier de « forêt domestique ». Il n’oppose pas le blé à l’arbre, la rentabilité à la diversité, la compétiti-vité au partage. Penser une partie du monde à la lumière de ce lien étroit entre l’homme et la nature permettrait de sortir de l’obsession de la production pour prendre en compte la qualité de vie et la préservation de la diver-sité biologique et culturelle. La forêt domestique nous invite aussi à repenser un développement qui n’essaierait plus d’imposer des modèles universels mais aiderait les sociétés qui le souhaitent à maintenir ou à reconstruire leurs systèmes selon leurs propres logiques ».